La Hernie au sein du système extractiviste mondial

Proposition d’analyse syntaxique

« Le seul espoir de l’homme, c’est la fin »
Machin la Hernie, texte de Sony Labou Tansi, mise en scène de Jean-Paul Delore

Octobre 2017, Le Tarmac (Paris)
Réalisation de Julie Peghini et image d’Arnaud Alain

 

Cette étude a pour origine une révélation théâtrale. Le mardi 17 octobre 2017, Dieudonné Niangouna rejoue l’adaptation théâtrale du roman de Sony Labou Tansi, Machin la Hernie au Tarmac, dans la mise en scène de Jean-Paul Delore. Le comédien congolais est sur scène et porte la logorrhée du dictateur Martillimi Lopez – alias Machin la Hernie. Un peu avant la fin de la représentation, une phrase que Dieudonné Niangouna vient de prononcer en jouant me frappe : « cette terre qui prend la parole des hommes parce qu’il n’y a plus qu’elle qui puisse parler sans danger ». Le surgissement tellurique à la fin de Machin la Hernie n’est pas anodin car la Hernie dictatoriale – qui soumet son peuple, s’approprie la nation et détruit la vie de ses citoyen·ne·s – tient aussi en son pouvoir la terre nationale qu’elle[1] vend sans vergogne aux saccageurs internationaux les plus offrants. Prenant le relai des êtres humains, la terre sonyenne semble donc entretenir en son sein le feu de nouvelles rébellions à venir. À cet égard, le roman Machin la Hernie est intéressant pour la recherche écopoétique qui « accorde une place centrale aux espaces naturels, au-delà de la fonction de décor auquel ils ont souvent été réduits »[2].

J’aimerais proposer une lecture écopoétique de Machin la Hernie, en m’intéressant en particulier à l’écriture de l’extractivisme. Défini notamment par Anna Bednik, l’extractivisme est le nom donné « à toutes les prédations naturelles » sous forme d’« extraction massive ou intense »[3]. En effet, à de nombreuses reprises dans le récit, on entend le dictateur passer des contrats financiers avec les dirigeants et ambassadeurs des pays occidentaux amis pour vendre des matières premières et négocier des aides financières. À la suite de Xavier Garnier qui affirme qu’ « il est question dans ce livre du pillage systématique des richesses d’un continent par une politique du ventre orchestrée au niveau mondial »[4], j’analyserai le rôle que joue la Hernie dans ses tractations, en m’intéressant particulièrement à la place syntaxique qui lui est alors dévolue.

 

Extractivisme syntaxique
les ressources « de ma hernie »

 

Je voudrais prolonger l’étude de Xavier Garnier sur la logique de l’écriture sonyenne « entre expansion et décomposition »[5], en analysant notamment la particularité des compléments du nom « de ma hernie » qui émaillent le roman. D’une part, leur présence participe de l’extension d’une dictature, à l’image de l’excroissance que constitue une hernie. D’autre part, ils évoquent l’atrophie d’une politique kystique, à l’instar de la tuméfaction hernieuse dans laquelle les tissus se nécrosent.En effet, dans le discours fleuve que le dictateur verse de façon continue sur son peuple, tout est associé à « ma hernie », aussi bien les « ambassadeurs et accrédités de ma hernie »[6] que « la capitale de ma hernie »[7], sans compter « le pétrole de ma hernie »[8]. Les compléments du nom hernieux soulignent l’acquisition totale de la nation par le dictateur qui s’érige en propriétaire et s’empare de chacun des éléments nationaux. En rattachant tout à « ma hernie » de manière à placer chaque chose sous la possession de cette dernière, l’emploi quasi-systématique des compléments du nom hernieux met au jour des logiques économiques d’appropriation et des pratiques d’extraction des ressources.

Le pétrole, l’uranium, le fer… « de ma hernie »

Dans la première partie du roman par exemple, le dictateur tombe amoureux d’une jeune rebelle que les « tirailleurs de ma hernie » ont arrêtée et il décide de l’épouser, conviant à la fête tous les chefs d’État de tous les pays du monde. À la fin de ses noces, Machin la Hernie profite de leur présence pour faire avancer ses affaires concernant la vente des ressources nationales. Alors que la fête s’achève, il berce « cette fille, ville forte » et l’homophonie entre « fille » et « ville » entremêle les figures de sa nouvelle femme et de la capitale Zamba-Town, que le dictateur dirige toutes deux. Le but de la Hernie est de faire s’assoupir son épouse, avatar de la nation, « pour qu’elle dorme pendant que je négocie la terre avec les voyous de la haute finance »[9]. De fait, le dictateur est présenté comme un marchand qui, durant tout le roman, endort la nation : il l’étourdit par ses discours autant qu’il la trompe et en profite pour dilapider les ressources nationales.

Dans la deuxième moitié du roman, le dictateur s’enlise dans la lutte contre les rebelles nationaux qui prennent le maquis. Il se remémore avec nostalgie les cérémonies qui célébraient sa puissance, à l’occasion desquelles les dirigeants étrangers venaient le soutenir. Il se souvient notamment de leur présence pour le sacre de son cheval qu’il avait organisé en grande pompe. Il revoit alors tous les ambassadeurs internationaux au cœur de la fête, sous une pluie battante :

ils dansent dans la boue, des bourgeois à qui je risque de refuser le pétrole de ma hernie, les américains à qui je risque de refuser l’uranium de ma hernie, les japonais avec leur premier ministre à qui je risque d’interdire le fer de ma hernie, les chinois, les russes, parce que les hommes doivent s’aimer, se comprendre, se compléter suivant l’évangile de ma hernie[10]

Les ressources qui font l’objet de tractations avec les puissances industrielles mondiales sont énumérées à mesure que leurs acheteurs pataugent dans la boue, métaphore de leur compromission. Le pétrole, l’uranium et le fer sont donc assez influents pour maintenir les grands de ce monde dans la fange. Et la menace du refus du commerce des ressources plane sur eux à tel point qu’elle les y fait danser, sous les yeux du dictateur qui semble savourer le spectacle de cet abaissement. La mention de chaque matière première est prise dans un parallélisme syntaxique : le dictateur trône en sujet de la phrase. Cela souligne sa position de force dans les échanges commerciaux des minerais « de ma hernie », dont les puissances mondiales sont les destinataires. Cette construction phrastique révèle des pratiques commerciales habituelles entre la Hernie et des puissances étrangères. De plus, elle rattache chaque minerai à la Hernie de manière indissoluble, par le biais des compléments du nom « de ma hernie » qui sont répétés.

On le voit, la syntaxe agrège autour de la Hernie les ressources arrachées à la terre, tandis que les compléments du nom signalent leur appropriation hernieuse. Dans « le pétrole de ma hernie », le complément du nom « de ma hernie » signifie à la fois la possession – mon pétrole – et l’origine – le pétrole vient de la hernie. D’abord, la Hernie dictatoriale s’auto-désigne comme la gardienne du pétrole dont elle s’est déclarée propriétaire. Ensuite, elle incarne le lieu de production de l’or noir tant convoité par les pays étrangers : de ce fait, la valeur de la manne pétrolière rejaillit sur elle, puisqu’elle en est la pourvoyeuse. Expansion de chair en largeur, la hernie devient donc une extension en profondeur lorsqu’elle se fait l’avatar des puits miniers en sous-sol. Par ailleurs, les études grammaticales sur les compléments du nom en « de » viennent confirmer cette lecture. Dans son étude intitulée La Préposition en français, Ludo Melis reprend en partie les analyses de Pierre Cadiot[11] pour déterminer la valeur d’une préposition selon ses emplois. Cela lui permet notamment de situer les prépositions « de », « à » et « en » dans « le domaine spatial » selon une répartition qui se fait sur « l’axe [+/-] origine »[12]. La préposition « de » occupe le plus haut degré de cette échelle car c’est elle qui permet le mieux d’informer sur la provenance[13]. Si l’on applique cette analyse au complément du nom « de ma hernie », on en conclut que la préposition « de » réalise le geste de l’extraction en prélevant des matières sur l’origine « hernie ». Tout se passe donc comme si les entreprises extractivistes mondiales allaient littéralement creuser la hernie du dictateur pour trouver les minerais convoités.

Contrats extractivistes et dividendes versés « à ma hernie »

La Hernie tient son rôle au niveau national dans l’accaparement de la rente des matières premières, qui se joue cette fois à l’échelle mondiale. En effet, le dictateur hernieux passe des contrats extractivistes avec les Européens et en règle les intérêts :

il signe la pile de papiers avec mon colonel de sécurité qui explique : les français veulent creuser l’uranium à Vallanta, d’accord combien donnent-ils à ma hernie ? seize pour cent, ah ce n’est pas un contrat de tract : prenez vingt pour cent et il signe, les italiens veulent pêcher au large de Wattando, combien pour cent ? sept, non qu’ils donnent onze pour cent et il signe[14]

Dans la logique extractiviste, ce qui est enlevé « de ma hernie » doit être compensé par des dividendes versés « à ma hernie » : dans ces circonstances, la hernie extractiviste au génitif est déclinée au datif. Le changement de statut syntaxique révèle l’ampleur du pouvoir extractiviste de la Hernie dictatoriale qui s’attribue les ressources minières et en capte les revenus. Cependant, on voit que l’injustice des contrats repose sur les pourcentages ridicules qui reviennent au pays pourvoyeur de la matière première. Ces chiffres sont d’ailleurs réalistes puisqu’ils reflètent, par exemple, les dividendes pétroliers que Elf versera à l’État congolais à hauteur de 17 % dans le contrat de concession signé en 1994[15]. Dans l’extrait que nous venons de citer, les parts reviennent « à ma hernie », ce qui fait de la hernie le lieu d’une accumulation financière. La mention de l’excroissance hernieuse fonctionne ici comme une troisième personne du singulier de majesté : elle désigne moins la nation que la personne du dictateur, s’enrichissant grâce au sous-sol national et à son exploitation par les anciens pays colonisateurs.

S’agissant du contrat sur l’uranium, on pense notamment à la mine de Shinkolobwe au Katanga qui a fourni l’uranium nécessaire aux bombes atomiques américaines lancées sur Hiroshima et Nagasaki[16]. Aussi la Hernie pourrait-elle incarner Mobutu, « un chef d’État choisi par les belges et les américains pour servir les intérêts extractivistes du Nord-Monde »[17], comme le propose Jean-Christophe Goddard, mais pas seulement. Jean-Christophe Goddard va plus loin et montre que la Hernie révèle plus largement la permanence d’un imaginaire colonial où les droits et les intérêts des occidentaux prévalent sur ceux des peuples colonisés, « transformés en objets passifs de leur propre histoire par le choc fatal de l’expansion impériale et (ajoute Labou Tansi) cannibale du capitalisme occidental »[18]. De fait, dans le choix des dividendes reversés à la Hernie, la parole du dictateur n’a qu’un pouvoir relatif puisque les marges sont faibles. L’affaiblissement du poids de la Hernie dans les négociations illustre les effets du cannibalisme capitaliste.

La fragilisation de la Hernie s’illustre également au niveau de la phrase. Dans le roman, lorsque le cadre énonciatif s’élargit et devient mondial, le barycentre syntaxique se déplace : l’uranium « de ma hernie » devient 20 % reversé « à ma hernie ». Alors que la hernie est un lieu qui pèse dans les tractations lorsqu’elle est en position de complément du nom exploitant, elle perd de sa force dès lors qu’elle devient destinataire du marchandage et qu’elle occupe la place d’un complément indirect. Plus la Hernie s’éloigne de la ressource, plus elle perd de sa puissance. En somme, la perte du pouvoir du complément du nom hernieux dans le cadre des finances mondiales se révèle à l’image de l’iniquité qui caractérise le système extractiviste. La complémentation entre la Hernie et les minerais suggèrerait aussi que la puissance d’une dictature se trouverait amoindrie à partir du moment où elle sortirait du système extractiviste mondial qui la maintient au pouvoir.

 

Interdépendance des acteurs de l’extractivisme

 

Puisque le complément du nom relie la Hernie aux ressources et que les ressources sont nécessaires aux pays du Nord, alors la Hernie est liée à eux. Machin la Hernie raconte en filigrane l’évolution des rapports que le dictateur entretient avec le système économique néolibéral. D’abord, la Hernie dictatoriale fait figure d’adjuvante des ambassadeurs européens dans des relations diplomatiques où tout est « une question de fric »[19] : elle vend les matières premières aux nations étrangères et détourne les aides au développement pour construire une ville à la gloire de son pouvoir et se constituer une fortune qui dort dans des comptes en Suisse. Ensuite, Martillimi Lopez devient l’opposant des occidentaux parce qu’ils soutiennent les rebelles comme Cataeno Pablo ou Laure et la Panthère. Le roman raconte alors comment le dictateur entraîne son peuple à sa suite pour aller lapider l’ambassade des États-Unis en signe de « prostate »[20], consommant ainsi sa rupture diplomatique avec la première puissance mondiale. En essayant de se retourner contre le système néocolonial dont l’ingérence l’étouffe[21], la Hernie révèle les injustices de l’emprise occidentale sur les anciennes colonies. En miroir, elle devient aussi la hernie d’un tel système que la gangrène commence à attaquer de l’intérieur. La figure de la Hernie permet donc de décentrer le récit de « l’économie-monde capitaliste européo-centrée »[22] pour en révéler, depuis l’Afrique, les dessous hernieux. À ce sujet, la « ville de verre et d’acier […] que les Italiens construisent dans la forêt avec la sueur de ma hernie »[23] dans le roman constitue un exemple parlant, c’est pourquoi je voudrais m’y attarder.

« Coulisses de l’économie matérielle »[24]

La « ville de verre et d’acier »[25] est une ville nouvelle qui arrache son espace de construction à celui de la forêt. Or cette « ville du pouvoir » qui doit se dresser en l’honneur de la Hernie n’est pas une entreprise nationale : le projet est aux mains des Italiens et le véritable matériau de construction se révèle être « la sueur de ma hernie »[26], c’est-à-dire celle du peuple ouvrier si l’on suit le parallèle entre la hernie et la nation. Comme pour les minerais du sous-sol national négociés par le dictateur avec les acteurs économiques internationaux, le même processus d’extraction syntaxique préside à la réalisation de la ville moderne, sauf que « la sueur de ma hernie » remplace « le pétrole de ma hernie ». La ville d’acier est donc en réalité une cité bâtie sur la transpiration des citoyens, avec des matériaux issus de son sous-sol – l’acier est un alliage en partie issu du fer –, mais dirigée par des investisseurs étrangers. D’ailleurs, les matières présentes dans le projet de construction de la ville hernieuse sont intéressantes à plus d’un titre.

D’une part, la sueur, l’acier et le verre concrétisent les flux de matières et les êtres humains qui travaillent à les extraire et à les transformer. La sueur rend palpable la présence des ouvriers sur les chantiers de construction, à l’arrière-plan desquels travaillent aussi les mineurs dans les zones d’extraction. Le projet de la ville de verre dirigé par les Italiens pourrait ainsi s’inscrire dans une « nouvelle comptabilité des hectares incorporés, de l’énergie incorporée, des émissions de gaz à effet de serre incorporées, de l’entropie générée, ou de la matière (eau, biomasse, minerais, etc.) incorporée dans les échanges économiques mondiaux »[27], comme le soulignent Christophe Bonneuil et Jean-Baptiste Fressoz. Le bilan écologique des échanges nécessaires rend compte des inégalités entre « des territoires de la périphérie [qui] exportent des produits à forte valeur d’usage écologique contre des produits qui ont une moindre valeur d’usage écologique »[28]. Dans le roman en effet, les minerais de fer – dont l’extraction nécessite une surface importante – sont échangés contre des produits manufacturés qui requièrent un espace de production plus réduit, comme les matériaux de construction en acier.

D’autre part, la présence des matières évoque les minerais extraits du sous-sol, dont « la sueur de ma hernie » peut être la métaphore. La terre sue des richesses par tous ses pores – ou ses « veines ouvertes » pour reprendre l’expression d’Anna Bednik[29]. On peut filer les métaphores de la sudation ou de l’hémorragie puisque la particularité de l’extractivisme réside dans l’exportation des ressources naturelles sous forme de matières premières non transformées, réservant le privilège de l’industrialisation – gage d’enrichissement – aux pays acheteurs. Ce schéma est opérant dans le cas de la ville de verre et d’acier construite par les Italiens pour la Hernie : le fer, négocié en amont par le dictateur avec – entre autres – le premier ministre japonais, réapparaît dans le roman dans un projet de construction sur le sol de la nation herniée, dirigé de façon hors sol par des Européens. On le voit bien dans la phrase qui décrit la « ville de verre et d’acier […] que les Italiens construisent dans la forêt avec la sueur de ma hernie »[30] : les Italiens sont en position de sujet syntaxique et ils disposent des matériaux ainsi que de la main d’œuvre, qui occupent la fonction de compléments de moyen. Une fois de plus, dès lors que la Hernie s’éloigne de la matière brute parce qu’elle est transformée en produit manufacturé ou en capital, son pouvoir s’en trouve affaibli.

« Extractivisme + programmes sociaux »[31]

Le projet de construction hernieux fait également apparaître les rouages du système économique de l’extraction, qui mise sur les promesses de croissance et de développement. Comme le souligne encore Anna Bednik :

l’utilité de l’extraction en tant qu’activité économique est généralement mise en avant pour faire accepter les projets destructeurs aux populations locales : sans ces projets, pas de croissance, pas de « développement », pas d’emplois, pas d’avenir[32].

En effet, la ville de verre et d’acier est présentée par la Hernie comme un gage de développement. Son souhait est de construire une ville forte, « pour montrer que l’aide à l’appauvrissement ne trouvera jamais de place sous ma hernie »[33]. Le jeu de retournement entre « l’aide au développement » et « l’aide à l’appauvrissement » est ici révélateur : le changement ironique de complément du nom montre que la Hernie n’est pas dupe des tenants et aboutissants du système économique de l’extraction[34], dans lequel elle s’insère. Elle exprime ainsi le paradoxe des programmes d’investissements structurels du FMI auquel souscrit le dictateur, qui consistent à faire reposer l’enrichissement des pays pauvres sur leur endettement préalable. Afin de montrer que les aides au développement ne sont pas source d’appauvrissement, le dictateur s’emploie à construire une ville vitrine, grâce aux bénéfices des capitaux étrangers – c’est-à-dire grâce à la dette. Dans la suite du roman, Lopez chasse les Flamands du « parc national » pour les mêmes raisons, à la fois politiques et financières : « avec vous la meilleure réponse n’est pas la nationalisation, parce que vous ne nous laissez nationaliser que vos dettes »[35]. De cette façon, le dictateur révèle le cruel paradoxe du système de la dette et des aides au développement : les plans d’ajustement structurels obligent les pays endettés à privatiser leurs ressources en vendant des concessions à des compagnies étrangères afin d’augmenter les capitaux et de rembourser la dette, ce qui a en vérité pour conséquences de la creuser. Tout se passe comme si la dette se nourrissait d’elle-même, sous la pression des occidentaux[36].

Cependant, si l’on considère ces logiques de prédation néocoloniales d’un point de vue écologique, ce sont souvent les pays endettés pourvoyeurs des matières premières qui se trouvent créditeurs des pays du Nord. Dans l’interprétation de la captation des ressources par les pays capitalistes que donnent Christophe Bonneuil et Jean-Baptiste Fressoz à propos du Capitalocène[37], la logique de la dette se trouve totalement inversée : les pays nantis dont l’économie repose sur des logiques extractivistes sont déficitaires et ce sont eux qui contractent une lourde dette écologique. Christophe Bonneuil et Jean-Baptiste Fressoz soutiennent en effet que, lors de « la Grande Accélération du Capitalocène » entre 1945 et 1973, se creuse « le formidable endettement écologique des pays industrialisés occidentaux [qui] vident littéralement le reste du monde de sa matière et de son énergie de haute qualité »[38]. Aussi la hernie du dictateur pourrait-elle être lue comme une tumeur allégorique : son poids important – l’excès de viande honteux localisé dans l’aine du despote descend dans ses testicules qui ne pèsent pas moins de sept kilogrammes[39] – représente le fait que dans le modèle du Capitalocène, la marginalisation des périphéries s’annule puisqu’on voit qu’elles sont en réalité centrales dans l’économie mondiale. En retour, la forme tumorale de la hernie révèle aussi combien ce modèle économique de l’extraction s’entretient de lui-même par des captations de matière toujours plus grandes, et de ce fait mortifères pour le système qui les entretient[40].

« L’extractivisme est un business » mondial[41]

Dans Machin la Hernie, l’évolution du comportement de la Hernie face à ses partenaires financiers et politiques emblématise enfin toutes les ambiguïtés des alliances inégales qui fondent le Capitalocène. On comprend que Martillimi Lopez, qui se réjouit de tenir sous sa hernie les dirigeants étrangers et de les faire danser dans la boue, leur est en fait attaché, de manière inextricable. Lorsqu’il se remémore la cérémonie du sacre de son cheval et l’exécution de ses opposants, les paroles de son conseiller résonnent dans l’esprit du dictateur et le hantent :

parce qu’il n’y a plus de pays, ici c’est la guerre mondiale des intérêts, et si tu veux qu’ils te laissent respirer, il faut hurler avec les loups[42]

Dans le système néolibéral où l’État-providence n’existe plus, « l’homme est un loup pour l’homme », comme chez Hobbes qui s’inspire de la formule de Plaute. Pour survivre, il faut donc participer à ce que le conseiller appelle « la guerre mondiale des intérêts » – que Sony nommera en 1990 « la guerre des mondes »[43] –, reposant sur la fabrique de périphéries pourvoyeuses de matières premières pour les sociétés de consommation des pays nantis. Le règne de la Hernie manifeste toute l’ampleur de la tragédie post-coloniale pour de jeunes États constitués artificiellement à plus d’un titre. D’une part, leurs frontières arbitraires leur ont été imposées par le traité de Berlin en 1885. D’autre part, leur indépendance a été reconnue pendant la Grande Accélération du Capitalocène, dans un temps où l’État n’avait déjà plus de pouvoir[44] – « parce qu’il n’y a plus de pays », comme le dit le conseiller de la Hernie fort avisé. La Hernie n’a pas d’autre choix que de se mêler à la meute des loups, c’est pourquoi elle tracte avec les malfaiteurs de ce monde.

Pour Anna Bednik, l’extractivisme révèle l’obsession qu’a chaque partie du système économique-minéral de s’enrichir et de se maintenir au pouvoir. D’après elle, l’extractivisme met au jour l’alliance des gouvernements progressistes et des gouvernements néolibéraux, les uns misant sur la rente extractiviste pour financer leurs politiques sociales et les autres comptant sur les effets positifs de l’industrie extractiviste pour dynamiser leur économie. C’est bien ce que le dictateur semble dire lorsqu’il commande aux ambassadeurs internationaux qui dansent dans la boue de se « compléter suivant l’évangile de ma hernie »[45], comme on l’a déjà vu. La complémentation des acteurs dans le système extractiviste est, à l’instar des compléments du nom, hernieuse. En somme, l’extractivisme révèle la peur permanente qu’ont tous les dirigeants du monde de perdre la face et il souligne aussi leur fatale interdépendance.

 

***

 

Au terme de notre lecture de l’exploitation des ressources naturelles dans Machin la Hernie, on comprend mieux pourquoi la terre s’arroge le droit de prendre la parole à la fin du roman. C’est en particulier la forêt que l’on voit reprendre ses droits et se réapproprier l’espace que la Hernie lui avait enlevé, pour construire la fameuse « ville de verre et d’acier » :

tout est devenu lugubre, avec la forêt qui déjà commence à reconquérir ce que ma hernie lui avait arraché, puis le soleil se couche sur cette terre auguste, hautaine, le vent remue les ruines, les traces des coups d’État manqués, les traces des grèves matées, cette terre qui prend la parole des hommes, parce qu’il n’y a plus qu’elle qui puisse parler sans danger[46]

À partir de Machin la Hernie, la géopolitique « cosmocidaire »[47] – pour reprendre un néologisme sonyen – des « hernies en chef de cette terre »[48] tenterait donc d’être arrêtée par la terre elle-même. Dès lors, cette dernière prendrait la parole dans les œuvres de Sony puisque les hommes, dominés par la politique hernieuse et ses excès honteux, n’en sont plus capables.

Dix ans plus tard, Sony continue de dénoncer sans relâche le « plus gros gâchis de tous les temps »[49] que constitue la vente frauduleuse des matières premières :

En Afrique, il y a un problème intéressant, c’est qu’il y a un magasin, dans ce magasin on met un gérant, le gérant n’a de comptes à rendre à personne – à personne, mais vraiment à personne – et quand même, comme il ne peut pas entrer dans le magasin lui-même, il demande à la population de le mettre dans le magasin, à condition de ne pas lui demander des comptes. Mais ça c’est tragique ça[50] !

À la fin de l’année 1989, peu avant la Conférence Nationale Congolaise qui sonnera le glas du parti unique, tandis que Denis Sassou-Nguesso et Mobutu Sese Seko sont au pouvoir au Congo Brazzaville et au Zaïre, Sony fait part de sa vision d’une politique africaine « boutiquée »[51]. Il file la métaphore dépréciative de la nation-magasin à travers la métamorphose du chef d’État en administrateur d’un commerce dont il n’est pas propriétaire[52]. Telle est la honte que dénonce sans ambages Sony à la fin des années 1980, dont les prémices apparaissent dès la fin des années 1970 dans Machin la Hernie.

 

 

Notes

[1] Dans le roman de Sony Labou Tansi, le dictateur est désigné par le nom « Hernie », sous l’antonomase. L’écriture sonyenne joue ici sur les genres en féminisant le terrifiant colonel Martillimi Lopez tout en le dotant d’un attribut hernieux phallique. Ce faisant, elle rend compte de l’identité double de Machin la Hernie. Aussi le pronom personnel épicène « iel » permettrait-il de désigner au mieux ces ambiguïtés identitaire, dès lors que le dictateur est envisagé comme indissoluble de sa hernie. Cependant, pour faciliter la lecture, je me propose de conserver le féminin lorsqu’il est question de la Hernie dictatoriale.

[2] Pierre Schoentjes, Ce qui a lieu. Essai d’écopoétique, Marseille, Wildproject, coll. Tête nue, 2015, p. 13.

[3] Anna Bednik, Extractivisme. Exploitation industrielle de la nature : logiques, conséquences, résistances, Neuvy-en-Champagne, Le Passager clandestin, 2016, p. 254.

[4] Xavier Garnier, Sony Labou Tansi. Une écriture de la décomposition impériale, Paris, Karthala, 2015, p. 104.

[5] Ibid., p. 18.

[6] Sony Labou Tansi, Machin la Hernie, Paris, Revue Noire Éditions, 2005, p. 231.

[7] Ibid., p. 234.

[8] Ibid., p. 215.

[9] Ibid., p. 52.

[10] Ibid., p. 215.

[11] Voir Pierre Cadiot, Les Propositions abstraites en français, Paris, Armand Colin/Masson, 1997, p. 52.

[12] Ludo Melis, La Préposition en français, Paris, Ophrys, 2003, p. 98.

[13] Sur la capacité spécifique de « de » à coder l’origine, Ludo Melis conclut que : « de porte l’instruction de configurer la relation entre cible et site en tenant compte des propriétés internes déjà construites, alors que à et en véhiculent de construire la relation par référence à un site externe » (ibid., p. 100).

[14] Sony Labou Tansi, Machin la Hernie, op. cit., p. 106.

[15] Yitzhac Koula, Pétrole et violences au Congo-Brazzaville. Les suites de l’affaire Elf, Paris, L’Harmattan, 2006. Voir en particulier le chapitre 3 « Le relations pétrolières sous l’ère démocratique ».

[16] « L’uranium des bombes atomiques venait du Congo belge », Le Vif, 8 août 2015.

[17] Jean-Christophe Goddard s’appuie sur l’ouvrage de Patrice Yengo, Les Mutations sorcières dans le Bassin du Congo. Du ventre et de sa politique, Paris, Karthala, 2016). Voir Jean-Christophe Goddard, « Sony Labou Tansi et le théâtre des ombres », thaêtre [en ligne], Chantier #5 : Machin la Hernie : théâtre monstre (coord. Jean-Christophe Goddard et Julie Peghini), mis en ligne le 8 décembre 2020.

[18] Ce qui prédomine alors dans la société (post)coloniale, c’est bien la capacité des occidentaux « d’anéantir purement et simplement le passé des peuples par le présent de leur dépendance matérielle, militaire, économique et politique » (ibid.).

[19] Sony Labou Tansi, Machin la Hernie, op. cit., p. 137.

[20] Ibid., p. 278.

[21] Voir Jean-Pierre Bat, La Fabrique des « Barbouzes ». Histoire des réseaux Foccart en Afrique, Paris, Nouveau Monde Éditions, 2015.

[22] Christophe Bonneuil et Jean-Baptiste Fressoz, L’Événement Anthropocène. La Terre, l’histoire et nous, Paris, Seuil, 2013, p. 253 (chap. 10. « Capitalocène. Une histoire conjointe du système Terre et des systèmes-monde »).

[23] Sony Labou Tansi, Machin la Hernie, op. cit., p. 51.

[24] Anna Bednik, Extractivisme, op. cit., p. 170.

[25] Sony Labou Tansi, Machin la Hernie, op. cit., p. 51.

[26] Ibid.

[27] Christophe Bonneuil et Jean-Baptiste Fressoz, L’Événement Anthropocène, op. cit., p. 251.

[28] Ibid., p. 250.

[29] Anna Bednik, Extractivisme, op. cit., p. 37. Voir aussi Eduardo Galaneo, Les Veines ouvertes de l’Amérique latine, trad. Claude Couffon, Paris, Babelio, [1971] 2001.

[30] Sony Labou Tansi, Machin la Hernie, op. cit., p. 51.

[31] Anna Bednik, Extractivisme, op. cit., p. 62.

[32] Ibid., p. 192.

[33] Sony Labou Tansi, Machin la Hernie, op. cit., p. 51.

[34] Voir Anna Bednik, Extractivisme, op. cit., p. 445 (note 1, chap. « Extraire, produire, consommer : pas d’alternative ? ») : « Le groupe Banque mondiale, dont les objectifs affichés sont de mettre fin à ‘‘l’extrême pauvreté’’ et ‘‘œuvrer pour une prospérité partagée’’ joue un rôle particulier. Non seulement il a été, avec le FMI, l’un des principaux vecteurs de la libéralisation des secteurs extractifs des pays du Sud dans les années 1980-2000 et continue, au travers de ses prêts, à soutenir les projets d’extraction privés (via la Société financière internationale – SFI) et publics (Banque internationale pour la reconstruction et le développement, Bird, Association internationale de développement, AID), mais il investit aussi directement dans certains projets, à travers la SFI. »

[35] Sony Labou Tansi, Machin la Hernie, op. cit., p. 154.

[36] Au moment de l’écriture du roman, en 1979, François-Xavier Verschave montre que le nouveau président congolais Denis Sassou-Nguesso se sert largement dans les généreuses recettes de la production pétrolière favorisée par les contrats passés avec la compagnie française Elf-Aquitaine. Comme il a une représentation de l’État néopatrimoniale, il n’hésite pas à investir massivement dans les secteurs militaires et industriels, privilégiant sa région d’origine, et à se constituer une large fortune personnelle – près d’un milliard de francs. Ensuite, le pays se retrouve rapidement endetté et, en 1985, il est obligé de se tourner vers la Banque Mondiale et le FMI. Sassou-Nguesso brade alors les concessions forestières des régions du Nord en les vendant par exemple au groupe Doumeng en 1985 – dont le PDG J.-M. Doumeng est un milliardaire de l’agro-alimentaire et membre du Parti Communiste Français – ou encore à Michel Barouin – le patron de la Garantie Mutuelle des Fonctionnaires (GMF), qui s’est diversifié dans la vente du bois – en 1987. De plus, les banques commerciales encouragent le Congo à brader ses biens en spéculant sur les ressources à venir, rendant l’économie du pays très instable et trop inquiétante pour être éligible aux programmes d’aides de la Banque Mondiale. Au début des années 1990, Pierre Otto Mbongo – le premier patron privé du Congo, très lié avec les entreprises Bouygues, GMF et CGE, le futur Vivendi – propose aux créanciers français de convertir les dettes en actions dans des entreprises privatisables. Les échanges d’actifs financiers « swaps » avec la Fiba – la Banque française intercontinentale, une instance économique d’Elf – contribuent, d’une part, à creuser l’endettement du Congo dont les recettes pétrolières sont hypothéquées jusqu’en 1994 et, d’autre part, à aliéner de plus en plus le pays à la compagnie Elf. Voir François-Xavier Verschave, L’Envers de la dette. Criminalité politique et économique au Congo Brazzaville et en Angola, Paris, Agone, 2001.

[37] Le concept de « Capitalocène » fait de l’industrialisation fossile un processus résultant avant tout des dynamiques du capitalisme et constituant un basculement géologique qui altère les conditions d’habitabilité de la planète.

[38] Christophe Bonneuil et Jean-Baptiste Fressoz, L’Événement Anthropocène, op. cit., p. 278.

[39] Sony Labou Tansi, Machin la Hernie, op. cit.,p.149.

[40] Voir Anna Bednik, Extractivisme, op. cit., p. 169 : « En abordant l’extractivisme de cette façon, ce que l’on met en lumière, c’est, en définitive, le soubassement matériel de l’ensemble du système industriel, productiviste et consumériste mondial, sa dépendance structurelle à l’égard des ‘‘ressources naturelles’’, extraites en quantités et en nombre sans cesse croissants pour assurer son extension. Cela permet de souligner – de façon contre-intuitive si on s’en tient à la virtualisation apparente de nos vies – à quel point les différents secteurs de l’économie mondiale sont tributaires des matières premières et de l’énergie. »

[41] Ibid., p. 170.

[42] Sony Labou Tansi, Machin la Hernie, op. cit., p. 209.

[43] Sony Labou Tansi, « Lettre aux intellocrates de la médiocratie parlementaire », Encre, sueur, salive et sang, Paris, Seuil, 2015, p. 143.

[44] Voir Xavier Ricard Lanata, La Tropicalisation du monde, Paris, PUF, 2019, p. 71 : « Les réactions à l’entreprise coloniale n’ont par ailleurs jamais remis en cause les structures inégalitaires qui l’avaient fondée […] : ‘‘la raison en est que tandis que le développement du capitalisme dans les temps antérieurs soutenait l’intégration nationale, la mondialisation opérant dans les périphéries du système, à l’opposé, désintègre les sociétés.’’ » Xavier Ricard Lanata cite : Samir AminPour un monde multipolaire, Paris, Syllepse, 2001, p. 116.

[45] Sony Labou Tansi, Machin la Hernie, op. cit., p. 215.

[46] Ibid., p. 283.

[47] Le « cosmocide » est un néologisme sonyen dont la première occurrence se trouve dans la « Maxi-préface » de La Vie privée de Satan, écrit entre 1970 et 1973. Voir Sony Labou Tansi, Poèmes, édition critique et génétique de l’œuvre poétique coordonnée par Nicolas Martin-Granel et Claire Riffard, en collaboration avec Céline Gahungu, Paris, CNRS Éditions, coll. Planète Libre, 2015, p. 430.

[48] Voir la quatrième de couverture de Sony Labou Tansi, Machin la Hernie, op. cit.

[49] Sony Labou Tansi, « Lettre aux Africains sous couvert du Parti Punique », Encre, sueur, salive et sang, op. cit., p. 136.

[50] Sony Labou Tansi, « Interview de Sony Labou Tansi, Extraits de Qui a mangé Madame d’Avoine Bergotha par le Rocado Zulu Théâtre », reportage réalisé par AITV, 6e Festival des Francophonies en Limousin, sept.-oct. 1989, archives vidéo du fonds de l’ITEM (Institut des Textes et Manuscrits modernes, CNRS). Transcription personnelle.

[51] Sony Labou Tansi, « Dimanche soir », 930 Mots dans un aquarium (1983-1987), dans Poèmes, op. cit.

[52] Dans son ouvrage La Guerre civile du Congo-Brazzaville, Patrice Yengo souligne que le début du règne de Sassou-Nguesso, en 1979, « correspond à l’ajournement des querelles politiques grâce à l’embellie économique ouverte par l’afflux des revenus pétroliers ». Le système Elf s’implante alors véritablement au Congo et Sassou-Nguesso négocie des contrats avec les compagnies pétrolières, accompagnant le boom de la production nationale du pétrole. Cependant, entre 1980 et 1988, les cours des principales matières premières vendues par les pays africains s’effondrent au niveau mondial. Ce bouleversement mondial a des répercussions au niveau national, d’autant plus que la situation est aggravée par les contrats pétroliers fallacieux que l’État congolais a passés avec la compagnie pétrolière Elf-Aquitaine qui surfacture et régente tout. L’année 1985 signe donc la fin de l’espoir de croissance congolais. Sassou-Nguesso est alors contraint de mettre en place une politique d’austérité qui attise le mécontentement populaire. Voir Patrice Yengo, La Guerre civile du Congo-Brazzaville, 1993-2002. Chacun aura sa part, Paris, Karthala, 2006. Voir aussi Yitzhac Koula, Pétrole et violences au Congo-Brazzaville. Les suites de l’affaire Elf, Paris, L’Harmattan, 2006. Voir encore Serge Berstein et Pierre Milza, Histoire du XXème siècle, tome 3 « 1973 à nos jours : Vers la mondialisation », Paris, Hatier, 2004, p. 350.

 

L’autrice

Alice Desquilbet est agrégée de lettres modernes, elle a exercé en tant que professeur de lycée pendant quatre ans et est actuellement doctorante contractuelle en troisième année à l’Université Paris de la Sorbonne Nouvelle – Paris 3 sous la direction de Xavier Garnier et rattachée à l’Unité mixte de recherche THALIM (Théorie et Histoire des Arts et des Littératures de la Modernité). Son sujet de thèse s’intitule : « La poétique de la complémentation dans les textes de Sony Labou Tansi après 1980, une écopoétique ? » Elle est chargée de cours à l’Université de la Sorbonne Nouvelle – Paris 3 et fait partie du collectif ZoneZadir. Elle travaille avec le groupe Sony à l’Institut des Textes et Manuscrits Francophones (ITEM) du CNRS, qui prépare une édition génétique des œuvres théâtrales de Sony Labou Tansi.

 

Pour citer ce document

Alice Desquilbet, « La Hernie au sein du système extractiviste mondial. Proposition d’analyse syntaxique », thaêtre [en ligne], Chantier #5 : Machin la Hernie : théâtre monstre (coord. Jean-Christophe Goddard et Julie Peghini), mis en ligne le 8 décembre 2020.

URL : https://www.thaetre.com/2020/12/08/la-hernie-au-sein-du-systeme-extractiviste-mondial/

 

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La Hernie au sein du système extractiviste mondial

 

 

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